Suzanne Roussel (épouse Belin) (Sosa 7)

Revenant de Nolay, je commence tout naturellement par ma grand-mère maternelle, Suzanne Roussel (que nous appelions Bonne-Maman) qui est née le 7 juin 1899 à Nolay (en Côte d’Or, 21).

Elle est la fille de Léon Roussel  (le colonel) et de Camille Develle et elle a une petite soeur de 2 ans plus jeune, Cécile.

On la voit ci-dessous toute petite dans les bras de sa grand-mère maternelle, Marie Prudhon épouse Develle (Maman Develle).

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Elle passe son enfance à Fontainebleau puis à Héricourt en Lorraine et enfin elle va à Valence en 1920.

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La voici avec sa petite soeur Cécile :

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Et ici sur les genoux de son grand père maternel Papa Develle (Pierre Develle) en 1904.

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La famille au complet aux alentours de 1905.

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Et voici une petite lettre qui m’a amusée : à l’époque, on écrivait pas au Père Noël pour avoir des cadeaux mais au petit Jésus ! Et après les politesses d’usage, Suzanne aimerait avoir des habits pour sa poupée, une table de nuit, une poupée qui se peigne et se déshabille et un livre ! On voit bien ici qu’on est dans une famille bourgeoise et qu’il n’y aura pas une simple orange au pied du sapin !

lettre 12

Voici également une petite lettre écrite par les deux filles pour la fête de leur maman :

document 2

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Elle est adolescente pendant la première guerre mondiale et alors que son père qui est officier est sur le front, elle est à Nolay, le village de sa mère, avec sa maman et sa petite soeur.

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Voici une carte qu’elle envoie à son père en 1914 lui racontant leur installation à Nolay :

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« Nolay, le 17 octobre 1917. Mon cher papa, nous n’avons rien reçu de toi aujourd’hui mais par contre nous avons reçu hier une grande lettre de toi datée du 11 et une carte du 13, tu penses si nous avons été contentes. Nous nous sommes arrangés pour nos études, nous retravaillerons à partir de lundi 19, Cécile toute la journée dans une classe et moi j’aurai quelques leçons particulières comme à Héricourt peut être même avec Annie Darjoux qui est un peu plus forte que moi. Nous aurons aussi des leçons de piano. Nous tâcherons de beaucoup travailler pour que quand tu reviendras tu nous trouves avancées seulement je n’aurais plus tes bonnes explications qui m’aidaient tant ! Il est arrivé avant hier ici vingt-cinq blessés peu grièvement; ils sont à l’hôpital. Nous attendons une bonne grande lettre de toi. En attendant nous t’embrassons mon cher papa de tout notre coeur. L’oncle, le mari de Tante Tavie [la soeur de Camille, la maman de Suzanne] n’a pu quitter son pays. Suzanne. »

Suzanne écrit aussi à cette époque son journal intime. Elle y parle beaucoup de Dieu et de la religion (ce qui est vraiment primordial pour elle, elle a probablement pensé à un moment devenir religieuse). Elle parle aussi de la mort à la guerre du père de ses bonnes amies Suzanne et Renée Thomasini,ce qui l’a beaucoup marquée, ainsi que de la mort au front également en 1917 de son oncle Théo, le mari de Louise Roussel (Tantine).

En voici deux extraits :

document 6

Suzanne y raconte notamment ses tristes retrouvailles avec sa tante (veuve de Théo) et ses cousines Thérèse et Annette. « Après deux ans de séparation, nous les retrouvions dans la peine et ce revoir fut triste. Nous possédions notre cher papa, nous venions déjà de passer deux bons jours avec lui et nous allions encore le garder plus d’une semaine et cette perspective nous rendait très heureuses. MA joie me fit mieux comprendre la peine et la douleur de ma chère Thérèse qui était maintenant privée pour toujours ici-bas de cette incomparable affection, de ce trésor inépuisable de bonté, de dévouement que possède le coeur d’un père. Mais elle a encore tout cela et mieux encore car il la protège de là haut … Ma pauvre tante est bien triste et a bien de la peine à se résigner à la volonté divine car sa douleur est extrême. Quant à Thérès, elle souffre aussi beaucoup mais elle est plus forte et renferme sa peine pour ne pas augmenter celle de sa mère. « 

La voici avec sa soeur Cécile et leur père en 1918 lors d’une permission.

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Et en 1919, après la guerre donc :

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Pendant cette période, elle réussit le brevet élémentaire, le brevet supérieur en 1917 (ce qui était pas mal pour une femme à l’époque), le diplôme d’études ménagères et le brevet de capacité pour l’enseignement primaire mais elle n’exercera jamais de métier.

Les deux soeurs :

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Ca y est, la guerre est finie ! (je ne sais pas de quand date la photo). On les retrouve réunis en compagnie d’amis, les Tomasini je crois dont j’ai parlé plus haut. De gauche à droite : Suzanne Tomasini, Suzanne Roussel, Léon Roussel, Madame Tomasini (veuve), Camille Develle épouse Roussel, Cécile Roussel et Renée Tomasini.

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Un des loisirs favoris de Suzanne et de Cécile est le tennis.

Suzanne fait également le catéchisme aux enfants, notamment à une petite Marie-Louise.

Elle se marie à Valence à l’âge de 26 ans le 25 juin 1925 avec René Belin.

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Cette photo date du 15 avril 1925 soit deux mois avant le mariage.

Ci dessous le faire part de mariage :

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Et une photo du mariage.DSC02900

Et même … Tatata … Le film de leur mariage ! C’est pas beau ça ! Il est précédé par quelques promenades en famille peu avant le mariage. C’est super touchant je trouve de les voir !

Ils déménagent plusieurs fois du fait de la profession de René (il est magistrat) et vont successivement à Vesoul (où le petit André nait en 1926), au Puy (avec la naissance de Monique en 1929), à Château Gontier (avec la naissance de Jacqueline, ma maman, en 1932), à Angers à partir de 1946 puis à Valence où René prend sa retraite.

Suzanne et ses trois enfants en 1932 :

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avec les parents quatre grands parents et tante CécileNolay 1939 avec Mme Barret - Copie

(les trois enfants : de gauche à droite Monique, Jacqueline et André)

Numériser0009

Voici une lettre inquiète de Suzanne à ses parents à la veille de la seconde guerre mondiale :

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« Château-Gantier, mardi soir. Mes chers parents, j’ai reçu la lettre de maman ce matin et j’espère que vous aurez reçu la mienne lundi matin. Depuis, les événements se précipitent, qu’arrivera-t-il dans quelques jours ? Tout cela est bien triste. En tous cas, je tiens à vous redire qu’en cas de guerre je serais bien inquiète de vous savoir rester en Bourgogne, nous avons la chance d’être dans un pays tranquille, on y vient de tous les coins de l’est et même de Paris, c’est tout naturel que vous veniez avec nous et que vous en profitiez. Et puis dans ces tristes moments, on est bien content d’être ensemble. Mme Demi a télégraphié à sa mère qui habite Paris de venir immédiatement. Aujourd’hui, nous avons vu les Martz, amis de St Avold de René, qui nous ont envoyé un télégramme il y a deux jours et qui ne sachant où aller viennent à l’hôtel ici. Les appartements bbies (?) se louent rapidement et les hôtels sont pleins. Espérons encore qu’il n’y aura rien mais si la guerre éclate venez vite. On fait évacuer Lyon parait-il, Dijon et Nolay ne seront pas plus sûrs. Les réservistes partent nombreux, tout le monde est affolé. Le discours d’Hitler hier n’est pas rassurant. Les enfants vont bien et tout le monde vous embrasse bien fort. Les leçons de Migué [surnom du petit André] marchent très bien et lui seront j’espère profitables. Je n’ose dire à bientôt et bons baisez. Suzanne. »

 

Encore un petit film avec quelques extraits de vie de famille où l’on voit Suzanne et sa famille entre 1925 et 1947. On y voit  l’arrivée des enfants, des vacances à la mer et à la montagne, un voyage en Yougoslavie, les trois enfants devenus jeunes gens …

Suzanne est très active et aime commander et gérer sa maison (ils ont des « bonnes »). C’est elle qui tient les cordons de la bourse ! Elle aime recevoir ses amis, aller à diverses réunions…

Avec sa première petite fille, fille de son fils André :

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vers 1966 :

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Avec moi en 1973 :

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René et Suzanne pour leurs noces d’Or en 1975:

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En 1975, alors qu’elle est âgée de 76 ans, peu de temps après cette photo des noces d’Or, elle a un AVC qui la rend hémiplégique du côté droit. Elle doit alors être en fauteuil roulant car elle ne peut plus marcher, ni utiliser du tout son bras droit. Elle est également dysphasique et a beaucoup de difficultés à d’exprimer, bien qu’elle ait encore « toute sa tête ». C’est très difficile pour elle qui aime tout gérer (et pas facile pour l’entourage non plus !). Elle reste donc dans sa maison avec son mari et l’aide d’infirmières et de différentes jeunes qui les accompagnent dans leur quotidien (ce qui amène diverses difficultés).

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A la mort de René en 1980, elle est alors accueillie par sa fille Jacqueline (à Valence toujours) qui s’en occupe jusqu’à la mort de Suzanne en le 27 octobre 1993 à l’âge de 94 ans. J’ai donc vécu avec ma grand-mère à la maison de l’âge de 7 ans à l’âge de 20 ans.

BONMAM

 

Elle est enterrée au cimetière de Valence auprès de son mari René et de sa fille Jacqueline.

Voilà un premier jet ! Je rééditerai plus tard l’article pour y rajouter des photos ou des infos supplémentaires.

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13 réflexions sur “Suzanne Roussel (épouse Belin) (Sosa 7)

  1. Logiquement je dois les avoir tous, j’avais porté les bobines de papa René il y a une vingtaine d’années à un gars qui me les avait mises sur VHS puis je les ai numérisés il y a quelques temps. Je lui en avais fait une copie. Je pense qu’ils y étaient tous. Là, je n’ai mis que des extraits. (euh … T’es qui anonyme? J’ai en gros une chance sur trois ! 😉 ). Mais si il y a des docs (papiers, photos, objets…) chez Tanie, je veux bien qu’à l’occasion tu prennes des photos ou que tu scannes et que tu me les envoies ! 🙂

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  6. micheleroux

    c’est un reportage très touchant qui m’a profondément émue
    Il faut que je m’arrête de lire les blogs, que je me désintoxique, je dois avoir un rapport pathologique avec les souvenirs;;;
    bonne journée

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